La dialyse au Burkina-Faso

Publié le par nassara

L'insuffisance rénale aiguë ou chronique sont des maladies peu connues en Afrique pourtant il existe de nombreux cas mais faute de moyens diagnostiques ou curatifs, les gens meurent bien souvent après de grandes souffrances causées par le coma urémique. (Ils "crient" pendant plusieurs jours avant de s'éteindre)
La dialyse n'est pratiquée qu'au CHU de Ouaga et pour ce pays de 13 millions d'habitants, il n'y a que 2 néphrologues. Cette unité a été créée en 2000. Actuellement une cinquantaine de patients peuvent bénéficier de dialyses deux fois par semaine. Seulement cette spécialité coûte cher et il n'y a pas de prise en charge au niveau du gouvernement. Les malades payent leurs soins et finissent par s'endetter au niveau de l'hôpital.
Dès notre arrivée, nous ne pouvons que constater, impuissantes, l'état précaire dans lequel se trouvent les dialysés.
Dans ce service, déjà très privé du minimum de confort (comparé à ce que nous connaissons en France), se rajoute une énorme préoccupation due à la rupture des consommables (matériel à usage unique qu'on utilise à chaque dialyse). Depuis 2 mois, ils ne peuvent dialyser que tous les 6 jours (en France, un dialysé a la chance de pouvoir épurer son sang 3 fois par semaine...)
Très difficile prise de conscience de ce qui se passe dans ce pays. Nous devons subir le manque et l'inaction engendrée.
Ecoeurants écarts entre le Nord et le Sud! Nous avons tellement que nous gaspillons. Ils n'ont rien.
Notre questionnement: "comment arrivez-vous à supporter toute cette souffrance, tous ces décès?"
Ils nous expriment leur foi, leur très grande croyance. Ils s'en remettent à Dieu.
N'avons-nous pas perdu cette espérance parce que nous avons déjà tout?

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